Archives de catégorie : L’esclavage

L’enseignement de l’esclavage et de la traite à la Réunion (Albert Jauze, 2009)

(Communication faite par Albert Jauze, docteur en Histoire moderne, Université de La Réunion, au colloque « Bridging Two Oceans » (la traite et l’esclavage dans l’océan Indien et Atlantique), Iziko Slave Lodge, Cape Town, Afrique du Sud, 19-22 novembre 2009. Avec la participation du CRESOI, Université de La Réunion.)

Les instructions officielles du ministère français de l’Education comportent depuis quelques années l’étude de l’esclavage et de la traite au collège et au lycée. Dans les manuels des élèves de métropole, on ne parle que de la traite atlantique. La Réunion présente parmi les départements français d’outre-mer un cas particulier : c’est le seul situé dans l’océan Indien. Des travaux et des publications pédagogiques fondées sur les recherches des historiens ont été réalisés pour les élèves de l’Académie de La Réunion. Nous nous proposons de présenter cette problématique et quelques exemples de réalisation.

Préambule

La France comme les autres pays européens a participé à la traite négrière et a recouru à l’esclavage depuis qu’elle a entamé des conquêtes coloniales. De nos jours, quatre de ses anciennes colonies sont devenues des départements d’outre-mer, la Guadeloupe et la Martinique dans les Antilles, la Guyane en Amérique du Sud, et La Réunion. De quelle manière sont traités l’enseignement de la traite et de l’esclavage d’une part en métropole et d’autre part à l’île de La Réunion, le seul département d’outre-mer qui soit situé dans l’océan Indien ?

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La France et la première abolition de l’esclavage (1794-1802) [le cas des colonies orientales, île de France (Maurice) et la Réunion]

Une somme. Dans le flot des ouvrages et essais qui ont accompagné la «Commémoration» du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le gros livre de Claude Wanquet se signale par la largeur de ses vues, qui débordent de loin le seul cas des colonies orientales, et l’extrême précision de ses analyses. Largeur de vues? Telles sont les trente premières pages du livre qui balaient la question des processus conduisant au décret du 16 pluviôse an II aussi bien que la cinquième partie (pp. 529 à 648) qui traite de la longue hésitation de Bonaparte entre appliquer l’abolition et sa révocation, point d’arrivée de «l’inexorable dérive esclavagiste du régime consulaire» (p. 635). Extrême précision érudite des analyses? Tout ce qui concerne l’histoire propre des Mascareignes auxquelles, en raison même de la prédominance des problèmes posés par les colonies occidentales, Saint-Domingue mais aussi la Martinique, la Guadeloupe et les autres Antilles, on n’avait jusqu’alors accordé que trop peu d’importance. Il est vrai que leur commerce avec la France n’avait rien de comparable à celui qui liait la métropole aux colonies occidentales. Mais ce qu’on découvre à lire le Wanquet, c’est l’étonnante habileté (la «virtuosité» écrit l’auteur) avec laquelle les colons des îles de l’océan Indien savent jouer des ambiguïtés d’un discours qui n’exclut pas de prendre en considération les thèses abolitionnistes, qui affiche sans hésiter profession de foi patriotique voire républicaine – notamment à propos de la menace anglaise – mais n’en exige pas moins des lois particulières pour les colonies, conduisant à préserver «transitoirement» l’esclavage jusqu’à la mise en place de mesures propres à indemniser les propriétaires et à réorienter l’économie des Mascareignes.

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L’esclavage et le marronnage à la Réunion (Sudel Fuma)

L’histoire de l’esclavage à La Réunion, malgré les recherches universitaires récentes, n’a pas encore révélé tous ses secrets. S’il est vrai que le passé de la population est très jeune et offre la particularité de partir d’un « terminus a quo », il existe toutefois de vastes zones d’ombres que les chercheurs ont du mal à dissiper et qui sont celles de l’arrivée des premiers hommes dans cette Île.

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