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[AGENDA] Fèt Kaf à Paris, 20 décembre 2017 : Conférence, projection, contes créoles

Fèt Kaf, 20 désanm : anniversaire de l’abolition de l’esclavage à la Réunion (20 décembre 1848).

ENTRÉE GRATUITE

Venez découvrir l’histoire de l’esclavage et de ses résistances sur l’île de La Réunion et discuter des nouvelles formes de colonialité, des nouvelles formes de censure, des inégalités, des luttes décoloniales à la Réunion et dans les « outre-mer ».

Événement facebook : https://www.facebook.com/events/141630099800885/

– Invités, par ordre alphabétique :
Sébastien Clain (www.histoire-reunion.re) : les luttes actuelles à la Réunion et dans le monde contre les rues et statues d’esclavagiste.
Michael Gence (réalisateur du film « Rassine monmon, papa ») : la période migratoire réunionnaise vers l’hexagone des années 60-80
Yolande Govindama (ethnopsychanalyste) : les traumatismes psychologiques dûs à l’histoire.
Lucette Labache (sociologue) : la place des réunionnais « kaf » aujourd’hui à la Réunion
Olivya Martin (militante réunionnaise) : l’histoire de l’esclavage et de ses résistances réunionnaises.
Françoise Vergès (politologue) : la colonialité républicaine à la Réunion

– Contes créoles, avec Papang Conteur : https://www.facebook.com/PapangConteur/

– Projection du film « Sucre Amer », 1963 (durée 24 min)
réalisé par Yann Le Masson, primé au Festival de Berlin, interdit de diffusion en France pendant 10ans. Le film est un document-archive essentiel pour comprendre la situation coloniale à La Réunion dans les années 1960.

Contact : histoire.reunion@gmail.com

Malgaches et Africains à Bourbon : La Réunion à l’époque de l’esclavage (A. Jauze)

Par Albert Jauze, docteur en histoire moderne, université de La Réunion

Si l’île Bourbon est française depuis 1663, ce n’est qu’à partir de 1717 que l’on voit un intérêt économique dans cette île. La culture des épices et du café y est alors développée, ainsi que la traite. Les esclaves sont dans leur grande majorité originaires de Madagascar et de la côte Est de l’Afrique et, comme dans les Antilles, on élabore un Code noir local. Si l’on sait qu’il y a eu du marronnage, il y a très peu d’éléments sur la vie des esclaves et des Noirs de l’île, en général. À tel point que l’on a pu parler, à propos de leur parcours, d’“histoire du silence”.

Article complet :

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Source : http://www.hommes-et-migrations.fr/

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[LIVRE] L’esclavagisme à la Réunion, 1794-1848 (Sudel Fuma)

1794-1848 : 54 années s’écoulent pendant lesquelles plus de 62 000 esclaves de l’île de Bourbon attendent l’émancipation proclamée par le décret de la Convention du 2 février 1794 ; un décret jamais appliqué dans les Colonies françaises des mers de l’Inde. L’esclavage, institutionnalisé à Bourbon par le Code Noir en 1723, reste jusqu’au 20 décembre 1848, date effective de la libération des esclaves à Bourbon, le fondement du système économique et social d’une population conservatrice, refusant les valeurs des philosophes des Lumières et attachée à un ordre colonial marqué par l’inégalité de ses composantes raciales.

Notes bibliographiques

L’auteur de cet ouvrage – Sudel FUMA – Maître de Conférences à l’Université de La Réunion, analyse ici les conditions de vie des travailleurs de la plantation, esclaves, premiers engagés et affranchis de l’île de La Réunion dans la première moitié du XIXe siècle. Prolongement des recherches effectuées pour sa thèse d’Etat, soutenue en 1988, son travail est une nouvelle contribution à une approche scientifique de l’histoire de l’esclavage dans les Colonies françaises.

 L’esclavagisme à la Réunion, Sudel Fuma, L’Harmattan, 1992

[LIVRE] Famiy maron ou la famille esclave à Bourbon, Gilles Gérard

Cet ouvrage démontre l’existence de structures familiales durant toute la période de l’esclavage à Bourbon (île de La Réunion) et propose une analyse sur la fonction de ces familles basée sur la résistance à l’esclavage. En opposition à l’idéologie esclavagiste qui niait la parenté chez les esclaves, ces derniers, Malgaches ou Africains dans un premier temps puis progressivement Créoles grâce aux nombreuses naissances, ont créé des structures familiales méprisées ou ignorées par les maîtres. L’abolition de l’esclavage en 1848 permettra l’apparition au grand jour de ces milliers de familles maron, socle de la société créole d’aujourd’hui. Elles sont l’expression de leur humanité bafouée.

Famiy maron ou la famille esclave à Bourbon, Gilles Gérard, préface de Sudel Fuma, L’Harmattan, 2012

Livre tiré de la thèse « La famille esclave à Bourbon » de Gilles Gérard, consultable ici :

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01038011/document

L’enseignement de l’esclavage et de la traite à la Réunion (Albert Jauze, 2009)

(Communication faite par Albert Jauze, docteur en Histoire moderne, Université de La Réunion, au colloque « Bridging Two Oceans » (la traite et l’esclavage dans l’océan Indien et Atlantique), Iziko Slave Lodge, Cape Town, Afrique du Sud, 19-22 novembre 2009. Avec la participation du CRESOI, Université de La Réunion.)

Les instructions officielles du ministère français de l’Education comportent depuis quelques années l’étude de l’esclavage et de la traite au collège et au lycée. Dans les manuels des élèves de métropole, on ne parle que de la traite atlantique. La Réunion présente parmi les départements français d’outre-mer un cas particulier : c’est le seul situé dans l’océan Indien. Des travaux et des publications pédagogiques fondées sur les recherches des historiens ont été réalisés pour les élèves de l’Académie de La Réunion. Nous nous proposons de présenter cette problématique et quelques exemples de réalisation.

Préambule

La France comme les autres pays européens a participé à la traite négrière et a recouru à l’esclavage depuis qu’elle a entamé des conquêtes coloniales. De nos jours, quatre de ses anciennes colonies sont devenues des départements d’outre-mer, la Guadeloupe et la Martinique dans les Antilles, la Guyane en Amérique du Sud, et La Réunion. De quelle manière sont traités l’enseignement de la traite et de l’esclavage d’une part en métropole et d’autre part à l’île de La Réunion, le seul département d’outre-mer qui soit situé dans l’océan Indien ?

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La France et la première abolition de l’esclavage (1794-1802) [le cas des colonies orientales, île de France (Maurice) et la Réunion]

Une somme. Dans le flot des ouvrages et essais qui ont accompagné la «Commémoration» du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le gros livre de Claude Wanquet se signale par la largeur de ses vues, qui débordent de loin le seul cas des colonies orientales, et l’extrême précision de ses analyses. Largeur de vues? Telles sont les trente premières pages du livre qui balaient la question des processus conduisant au décret du 16 pluviôse an II aussi bien que la cinquième partie (pp. 529 à 648) qui traite de la longue hésitation de Bonaparte entre appliquer l’abolition et sa révocation, point d’arrivée de «l’inexorable dérive esclavagiste du régime consulaire» (p. 635). Extrême précision érudite des analyses? Tout ce qui concerne l’histoire propre des Mascareignes auxquelles, en raison même de la prédominance des problèmes posés par les colonies occidentales, Saint-Domingue mais aussi la Martinique, la Guadeloupe et les autres Antilles, on n’avait jusqu’alors accordé que trop peu d’importance. Il est vrai que leur commerce avec la France n’avait rien de comparable à celui qui liait la métropole aux colonies occidentales. Mais ce qu’on découvre à lire le Wanquet, c’est l’étonnante habileté (la «virtuosité» écrit l’auteur) avec laquelle les colons des îles de l’océan Indien savent jouer des ambiguïtés d’un discours qui n’exclut pas de prendre en considération les thèses abolitionnistes, qui affiche sans hésiter profession de foi patriotique voire républicaine – notamment à propos de la menace anglaise – mais n’en exige pas moins des lois particulières pour les colonies, conduisant à préserver «transitoirement» l’esclavage jusqu’à la mise en place de mesures propres à indemniser les propriétaires et à réorienter l’économie des Mascareignes.

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L’esclavage et le marronnage à la Réunion (Sudel Fuma)

L’histoire de l’esclavage à La Réunion, malgré les recherches universitaires récentes, n’a pas encore révélé tous ses secrets. S’il est vrai que le passé de la population est très jeune et offre la particularité de partir d’un « terminus a quo », il existe toutefois de vastes zones d’ombres que les chercheurs ont du mal à dissiper et qui sont celles de l’arrivée des premiers hommes dans cette Île.

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