Archives par mot-clé : prosper eve

[LIVRE] Le 20 décembre 1848 et sa célébration à la Réunion : Du déni à la réhabilitation (1848-1980). Prosper Eve

L’abolition de l’esclavage, le 20 décembre 1848 à la Réunion, a été vraiment souhaitée par les esclaves et non par les maîtres. L’auteur tente d’enrichir le débat en campant le décor de cette fête. Après voir montré que cet événement n’a pas été désiré par les colons, il suit le long cheminement de la commémoration de cette date, de 1849 à l’arrivée de la gauche au pouvoir en France en 1981.

Le 20 décembre 1848 et sa célébration à la réunion : Du déni à la réhabilitation (1848-1980), Prospère Eve, L’Harmattan, 2003

La société bourbonnaise (Prosper Eve)

De la société paysanne traditionnelle à régime seigneurial à la société de plantation

La France d’Ancien Régime est un pays rural. Les villes, au début du XVIIe siècle, groupent au maximum 15 à 16 % de la population. Ruraux, les Français sont d’abord paysans. Ceux-ci vivent à l’intérieur de cadres socio-économiques et socio-politiques hérités d’un long passé dont les trois principaux sont : le cadre agraire, le cadre paroissial et le cadre seigneurial. Le roi de France en colonisant Bourbon, ne peut nourrir d’autre ambition que d’y voir naître une société paysanne traditionnelle bâtie sur le modèle français. Pour favoriser l’implantation de migrants français, il choisit d’attribuer à titre gratuit la terre à quiconque décide de la défricher, d’organiser le terroir, de mettre en valeur le sol, donc d’aménager le cadre agraire. Il laisse au clergé le soin d’harmoniser le cadre paroissial, car aucune autre religion que le catholicisme ne peut y être pratiquée théoriquement. Par contre, il met d’office en place le cadre seigneurial. Fait original, en tant que propriétaire éminent de l’île, le roi ne la divise pas en plusieurs seigneuries. Il confie l’île entière à un seul seigneur : la Compagnie Française des Indes Orientales, une société commerciale. Ce seigneur qui exploite l’île au nom du roi, attribue aux colons pendant les vingt-cinq premières années de colonisation, des exploitations sans contrat, et les traite en simples employés de la Compagnie.[…]

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[LIVRE] Les sept dernières années du régime colonial à La Réunion (1939-1946) – Prosper Eve

Deux mondes s’affrontent à La Réunion jusqu’en 1939. Les maîtres du jeu économique (gros propriétaires fonciers, la plupart usiniers, moyens propriétaires, gros commerçants, quelques membres des professions libérales) usent de la fraude pour rester les maîtres du jeu politique qu’ils contrôlent depuis que le suffrage universel masculin existe. La couche des défavorisés composée de tous les petits (planteurs, colons, ouvriers des champs, haleurs de pioche, coupeurs de canne, dockers, cheminots, ouvriers d’usines, becqueurs de clé) est confrontée à la même réalité de misère et souhaite que les réformes sociales entreprises en métropole trouvent droit de cité à La Réunion. En adoptant en 1936 le slogan « La Réunion – département français », les travailleurs syndiqués du second monde, soutenus par des fonctionnaires, manifestent un fort désir de changer leurs conditions de vie.

Les forces conservatrices ont plus que jamais peur de perdre leur ascendant sur eux et surtout de devoir payer de nouveaux impôts. L’épreuve de la Seconde Guerre sert-elle finalement la cause des plus humbles ? C’est ce que tente d’analyser Prosper Eve dans cet ouvrage.

Prosper Eve, Les sept dernières années du régime colonial à La Réunion (1939-1946), Karthala, 2005

Source : http://www.karthala.com/1612-les-sept-dernieres-annees-du-regime-colonial-a-la-reunion-1939-1946-9782845866546.html